Je suis mâle-née.

Un graffiti mal tagué sur ma peau,
un foutu bug dans la matrice.
J’ai grandi avec une bombe entre les jambes
et personne n’a vu la mèche.

J’ai survécu.
À l’envers.
À l’endroit.
En silence.
Avec des nuits de métal dans la poitrine
et le genre comme une maladie chronique.

Ce jour-là,
quand le mensonge sera tranché net,
quand mon corps arrêtera de me contredire,
je saurai que je peux crever.

Pas dans le drame.
Pas dans la plainte.
Juste : crever femme.
Enfin.

Et ça, tu vois,
c’est pas de la joie.
C’est un vertige.
Un cri qui tient debout.
Un feu sacré dans la gorge.

Parce qu’on ne peut rien voler
à une femme
qui s’est enfantée elle-même.