Manquée, c’est un livre en chapitres, nourri de fragments écrits au fil des jours.

Et une bande-son : des morceaux qui prolongent ces pages, parfois avant, parfois après.

Tu peux lire, puis écouter. Ou l’inverse.

Charlie Pink & The Bits · Manquée

Les fragments ↓

  • Je ne suis pas votre fantasme
    Un commentaire de trop, un énième profil “trans” hypersexualisé, et ça remonte : la fatigue d’être associée, par défaut, à une caricature. J’aime le sexe. Mais je refuse que mon existence se résume à ça. Ceci est un ras-le-corps. Il y a des jours où je me dis : tais-toi, ça va éviter le débat,… Lire la suite : Je ne suis pas votre fantasme
  • La cathédrale
    Je suis romantique à un point gênant. Pas romantique “fleurs, dîner, photos”. Romantique comme une maladie de survie. Comme un réflexe appris dans l’enfance : faire de l’or avec de la boue, faire de l’éternel avec du provisoire, faire du sacré avec une minute. Je prends une relation et je la hisse. Je la monte… Lire la suite : La cathédrale
  • Intériorité / Contrechamp
    Changer de corps ne suffit pas toujours L’angle mort intérieur des parcours trans Nous vivons dans une civilisation de l’extérieur. Une civilisation qui croit que ce qui change se voit. Qu’un changement doit laisser une preuve. Qu’une vérité doit être lisible. Le patriarcat adore ça : le visible, le mesurable, l’attestable. Il adore les surfaces… Lire la suite : Intériorité / Contrechamp
  • Après
    Il n’y a pas eu de feu d’artifice. Pas de révélation mystique. Pas de renaissance hollywoodienne. Il y a eu un calme. Un calme étrange, presque décevant pour celles et ceux qui s’attendaient à une métamorphose spectaculaire. Mais pour moi, c’était exactement ça. Le silence après des années de bruit de fond. La réassignation n’a… Lire la suite : Après
  • Je suis mâle-née
    Je suis mâle-née.Un graffiti mal tagué sur ma peau,un foutu bug dans la matrice.J’ai grandi avec une bombe entre les jambeset personne n’a vu la mèche. J’ai survécu.À l’envers.À l’endroit.En silence.Avec des nuits de métal dans la poitrineet le genre comme une maladie chronique. Ce jour-là,quand le mensonge sera tranché net,quand mon corps arrêtera de… Lire la suite : Je suis mâle-née
  • Ils voulaient un garçon, ils ont eu une bombe politique 
    Je ne suis pas devenue femme. Je suis une femme. Point. Mais je suis aussi une preuve vivante qu’on peut changer. Profondément. Jusqu’au cœur. Et ça, ça fait peur. Parce que ça montre que rien n’est figé. Ni le genre. Ni les normes. Ni les destins.
  • Suis-je une bonne personne ?
    J’aimerais pouvoir répondre simplement.Pouvoir dire « oui » sans trembler, sans détourner les yeux, sans attendre qu’on m’en donne la permission.J’aimerais pouvoir m’asseoir dans ce mot comme dans un vêtement taillé pour moi : une bonne personne.Mais la vérité, c’est que cette phrase me brûle la gorge.Elle me fait honte.Elle me fout à poil devant… Lire la suite : Suis-je une bonne personne ?
  • Le petit escargot
    Il est timide, comme un petit escargot en attente d’un temps humide.Pas un de ceux qui bombent le torse et réclament l’attention dès l’entrée en scène.Non, lui, c’est un petit escargot.Une perle rare, tapie sous l’auvent, qui attend la pluie chaude d’une langue curieuse pour oser sortir la tête.Un bijou introverti, une goutte de silence… Lire la suite : Le petit escargot
  • 50 nuances de dysphorie
    Y’a pas une seule dysphorie. Y’en a cinquante. Peut-être plus. Des petites. Des grandes. Des qui grattent. Des qui brûlent. Des qui crèvent. Y’a celle du miroir du matin. Celle qui t’attrape en traître, alors que tu te trouvais plutôt pas mal. Et puis non. Un angle. Une ombre. Et ce regard — trop masculin… Lire la suite : 50 nuances de dysphorie
  • Le switch
    J’ai un pénis. Voilà. C’est dit. Je l’ai longtemps planqué sous des tonnes de couches mentales, comme une anomalie de naissance qu’on aurait maquillée en option. J’en parle rarement. Je fais des pirouettes. Je blague. Ou je me tais. Parce que ce n’est pas le sujet, pas mon sujet. Et pourtant. Il revient. À la… Lire la suite : Le switch
  • Personne ne voit les noyés
    Oui… Ça va mieux. Enfin, je crois. Mais c’est pas du “mieux” en majuscules. C’est du mieux fragile. Du mieux bancal. Du mieux qui tient sur un fil d’angoisse. Depuis un an j’dérive. Crises existentielles à répétition. J’pleure des heures. Je tombe dans un trou sans fond. Un trou noir. Sans lumière, sans fond, sans… Lire la suite : Personne ne voit les noyés
  • L’homme aux cheveux gris
    J’ai fantasmé une relation avec des hommes comme lui. Ça ne m’arrive pas souvent, mais quand ça arrive, c’est comme un séisme. Je ne les veux pas vraiment dans ma vie. Pas comme partenaire, pas comme amant. Mais il y a quelque chose chez eux qui m’attrape. Une gravité, une puissance douce, un truc que… Lire la suite : L’homme aux cheveux gris
  • Le Fantôme V2
    Je suis là, en chantier, au creux de son ventre. Une ébauche de vie, un brouillon qu’elle porte malgré le chaos. Elle ne s’arrête jamais. Toujours en route, toujours entre deux endroits. Pas par choix, mais parce qu’elle n’a nulle part où se poser. Elle passe d’un endroit à l’autre, un foyer d’accueil, un canapé… Lire la suite : Le Fantôme V2
  • Spectatrice malgré moi.
    Je crois que ce n’est pas de la jalousie. Pas vraiment. Ou alors, si ça en est, c’est une jalousie qui ne ressemble à aucune de celles que les gens décrivent dans les magazines, dans les conversations de bistrot, dans les accusations trop faciles qu’on jette à la figure de celles qui aiment à fleur… Lire la suite : Spectatrice malgré moi.
  • L’Odeur d’Ophelia
    C’était un jeudi soir, comme tant d’autres, mais celui-là allait changer quelque chose en moi. Ophelia m’avait invitée chez elle après le travail. Pas de grandes promesses, juste une soirée tranquille. Son salon était chaleureux, un espace simple mais enveloppant. Sur la table basse, un thé encore fumant et une assiette de biscuits qu’elle avait… Lire la suite : L’Odeur d’Ophelia
  • Ce qu’il reste après la douleur
    J’ai mal réagi. Pas violemment, pas méchamment, mais intérieurement, quelque chose s’est contracté. J’ai senti ce vieux vertige remonter : celui de ne pas être assez. Celui de me dire que je suis une page après d’autres, que je suis “aussi bien”, mais pas “mieux”. Que je suis aimée, mais pas élue. Et sur le… Lire la suite : Ce qu’il reste après la douleur
  • On m’a volé ma vie
    Je suis née deux fois. La première, on m’a collé un prénom, un sexe, une trajectoire. La seconde, c’était après l’effacement. Trop tard pour l’innocence. Et ce manque-là, je le porterai jusque dans mes rides. Même si, maintenant, je respire. Enfin. Je suis née à 40 ans. Avant ça, j’ai survécu à l’intérieur d’une peau… Lire la suite : On m’a volé ma vie

Une autobiographie tranchante, un guide pour se (re)construire.

Comment se construire quand on n’a eu que le strict minimum ? Quand il y a un toit, de quoi manger, mais qu’on manque de tout le reste : amour, valorisation, sécurité affective ? Quand les anniversaires passent sans gâteau, les Noëls sans cadeau, et les rentrées scolaires sans cartable ?

Dans ce récit à vif, brut comme une vérité qu’on ne peut plus contourner, Charlie Pinkwood revient sur une enfance marquée par l’absence, la solitude et les humiliations : les bougies faute d’électricité, les remarques qui s’incrustent comme des blessures invisibles, et cette impression persistante d’être de trop. Elle nous raconte comment elle a rassemblé ces morceaux épars, affronté les failles qui en découlaient, pour entamer une transformation qui l’a menée à une transition de genre et à une vie guidée par des valeurs fortes : féminisme, droits LGBT, antispécisme, humanisme.

Mais ce n’est pas qu’une histoire personnelle. Ce livre est une œuvre hybride, entre catharsis intime et guide pour celles et ceux qui, elle/eux ausi cherchent à se transformer. Il nous invite à poser les bonnes questions :

  • Comment accueillir ses ombres pour avancer ?
  • Que faire des morceaux qui ne rentrent pas dans le puzzle ?
  • Et comment apprendre à se choisir, enfin ?

Manquée est une plongée dans les zones d’ombre de l’identité, mais aussi un chemin vers la lumière. Pour celles et ceux qui veulent comprendre, se libérer et, surtout, devenir pleinement elles/eux-mêmes.

Brut. Poignant. Transformateur.