Oui…
Ça va mieux.
Enfin, je crois.
Mais c’est pas du “mieux” en majuscules.
C’est du mieux fragile. Du mieux bancal.
Du mieux qui tient sur un fil d’angoisse.
Depuis un an j’dérive.
Crises existentielles à répétition.
J’pleure des heures.
Je tombe dans un trou sans fond.
Un trou noir.
Sans lumière, sans fond, sans issue.
Mais j’me bats.
J’me bats avec les miettes que j’ai.
Un psy, des outils, des mots posés sur l’indicible.
Je construis des armes à mains nues.
Je cherche des issues dans un labyrinthe en feu.
J’en suis pas encore sorti.
J’suis pas tirée d’affaire.
Y’a trois mois, j’ai vraiment failli…
faire une connerie qu’on ne défait pas.
Mais le pire…
Le pire c’est pas la chute.
Le pire c’est d’être seule à tomber.
J’suis pas certaine que les gens
voient que je souffre.
On juge mes gestes,
mes maladresses,
mes silences,
mes débordements,
sans jamais imaginer ce qu’ils masquent.
On me voit sombrer…
mais de loin.
Et de loin, on ne voit jamais les noyé·es.
Et j’ai envie de crier « sauvez-moi ».
Mais j’me tais.
Et j’me noie.